L’azote est un élément vital pour tout être vivant. L’atmosphère terrestre en contient près de 80%, mais les plantes ne sont pas capables de l’utiliser sous sa forme gazeuse. Elles le prélèvent dans les sols et sont donc sensibles à la richesse naturelle du sol en azote. Lorsque les sols sont pauvres, ils peuvent être enrichis grâce à des engrais azotés. Synthétisés par l’industrie chimique, ces engrais sont produits en utilisant des énergies fossiles (avec un ratio une tonne de pétrole pour une tonne d’engrais) et leur épandage n’est pas sans poser de problème pour l’environnement.

Pour pousser dans des milieux pauvres en azote, certaines espèces végétales nouent des associations avec des bactéries. Elles développent alors des racines spécifiques qui permettent le transfert de l’azote atmosphérique vers la plante (Le filao, au Sénégal, pousse dans des milieux particulièrement pauvres grâce au développement d’une symbiose entre la plante et les bactéries).

Lauréat du programme Blåtand 2018, Hassen Gherbi fait partie d’un consortium scientifique international1 qui s’intéresse de près à ces interactions entre les plantes et les bactéries. Valérie Hocher, physiologiste moléculaire des plantes à l’Institut de recherche pour le Développement (IRD) explique : « L’enjeu de ces recherches dépasse largement les seules connaissances sur l’évolution des plantes. Il s’inscrit dans la dynamique en faveur d’une agriculture durable, sobre en engrais chimiques, et vise au transfert ou à l’utilisation de la symbiose fixatrice d’azote au profit d’espèces cultivées d’intérêt agronomique majeur. »

En associant des bactéries à certaines espèces végétales, les céréales de demain pousseront peut-être sans engrais de synthèse.

Source : https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites-scientifiques/les-symbioses-fixatrices-d-azote-se-devoilent

1 Phylogenomics reveals multiple losses of nitrogen-fixing root nodule symbiosis, M. Griesmann et al., Science 10.1126/science.aat1743 (2018).