Le programme Blåtand est un programme d’invitation destiné à des chercheurs français souhaitant établir des collaborations avec des chercheurs danois.

Les chercheurs retenus sont invités à passer une semaine au Danemark pour présenter leurs travaux dans des institutions de recherche, des départements universitaires et, dans la mesure du possible, des entreprises ayant des activités de recherche dans leur domaine. Ce programme vise à amorcer de nouvelles coopérations scientifiques. 

En 2018, l’Institut français du Danemark va inviter six chercheurs et enseignants-chercheurs.

Les lauréats 2018 sont :

Serge Antonczak est professeur de l’Université Côte d’Azur. Il dirige depuis 2012 l’équipe de recherche « Arômes Parfums Synthèse et Modélisation » de l’Institut de Chimie de Nice. Les membres de cette équipe développent une expertise dans l’extraction, l’analyse et la synthèse de composés odorants mais visent également à décrire les mécanismes de l’olfaction et de la gustation à l’aide des outils de la Modélisation Moléculaire ainsi que les relations entre odeurs et comportement/émotion à l’aide de mesures de constantes psychophysiologiques. L’équipe anime actuellement le Groupement de Recherche « Odorant Odeur Olfaction » (GdR O3) ayant pour but de créer en France un réseau de recherche multidisciplinaire sur ces thèmes. En termes de recherche, il s’intéresse également à décrire par Modélisation Moléculaire les organisations enzymatiques impliquées au sein des cascades biochimiques qui mènent à la production de composés naturels. Le programme Blåtand lui permettra de rencontrer des équipes Danoises impliquées dans les thèmes liés aux arômes et aux parfums.

Thomas L.P. Couvreur est chercheur et botaniste à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), basé à Montpellier. Ses travaux couvrent la compréhension de l’évolution, de la résilience et la description de la biodiversité tropicale. Ses recherches portent en particulier sur les forêts tropicales humides, l’un des écosystèmes les plus complexes et les plus divers de la planète. Il réalise notamment des recherches en taxonomie (classification des espèces), en phylogénie moléculaire via l’analyse de l’ADN et la modélisation de la distribution des espèces à différents intervalles de temps (milliers à millions d’années). Il est expert sur deux familles de plantes tropicales : les palmiers et la famille des corossols ou Annonaceae. Sa recherche a un impact sur la conservation de la biodiversité tropicale et fournit des données fondamentales pour évaluer l’influence des changements climatiques sur la biodiversité tropicale.

Mathieu Gautier est maître de conférences au laboratoire DEEP (Déchets Eaux Environnement Pollutions) de l’INSA de Lyon depuis 2009. Titulaire d’un doctorat en physique et chimie de la Terre de l’Université d’Orléans, ses activités de recherche concernent principalement l’influence des activités anthropiques sur les environnements. Ses travaux visent à renforcer la compréhension et la description des processus bio-physico-chimiques couplés gouvernant le devenir, le traitement ou la valorisation de milieux pollués complexes. Il étudie notamment la réactivité de polluants et/ou la récupération d’éléments d’intérêt au sein de différentes matrices du type résidus industriels, sédiments ou ouvrages de traitement des eaux par infiltration du type filtres plantés de roseaux. Il est l’auteur de plus de 20 publications dans des revues internationales à comité de lecture et a participé à près de 50 conférences en congrès nationaux et internationaux.

Hassen Gherbi est ingénieur agronome et docteur en physiologie végétale (Institut National Agronomique de Paris). Titulaire d’une Habilitation à diriger des recherches, il est désormais Chargé de Recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Il travaille au sein de l’UMR LSTM (Laboratoire des Symbioses Tropicales et Méditerranéennes, Montpellier). Il possède une expertise en biologie moléculaire, génétique et génomique des plantes et des interactions plantes-microorganismes. Ses recherches sont centrées autour de l’étude des mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans l’établissement d’une symbiose fixatrice d’azote racinaire entre des plantes tropicales (filaos) et des bactéries dites diazotrophes. Plus précisément, son projet tente de comprendre comment des signaux moléculaires bactériens sont perçus et interprétés par la plante conduisant à la mise en place d’un organe spécialisé au niveau des racines, nommé nodosité ou nodule et hébergeant les bactéries. Les symbioses fixatrices d’azote ont un rôle écologique et économique majeur et permettent à des plantes d’intérêt agronomique ou agroforestier de couvrir leur besoin en nutrition azotée.

Marie Jauffret-Roustide est sociologue, chargée de recherche à l’Inserm, au Cermes3. Elle est diplômée de sciences politiques, titulaire d’une thèse en sociologie et sciences sociales et d’une Habilitation à Diriger des Recherches en Santé Publique. Elle coordonne un programme de recherche sur les politiques des drogues et sur l’exposition au risque en lien avec l’usage de drogues en France dans le cadre de comparaisons internationales (Europe, États-Unis et Vietnam). Depuis 2016, elle co-dirige le programme D3S « Sciences sociales, Drogues et Sociétés » à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle est la responsable scientifique de l’évaluation des salles de consommation à moindre risque sur le site de Paris, et coordonne différentes recherches sur les politiques de réduction des risques, sur l’acceptabilité des programmes d’échange de seringues en milieu pénitentiaire, et sur la place des savoirs profanes dans les politiques des drogues.

Martine Morzel a une formation initiale d’ingénieur en agro-alimentaire. Elle a ensuite obtenu un PhD à L’université de Cork en Irlande et a effectué un post-doctorat à l’institut WUR-RIVO aux Pays Bas, avant d’être recrutée en tant que Chargée de Recherche à l’INRA en 2002. Depuis 2006, elle travaille au Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation de Dijon, une unité centrée sur l’étude des mécanismes qui sous-tendent la perception sensorielle des aliments. Ses recherches portent sur les liens existant entre composition salivaire, perception sensorielle et habitudes alimentaires chez l’Homme. Elle a par exemple montré que la salive (sous sa forme libre en bouche mais aussi la salive adhérant aux muqueuses) intervient dans la perception de différentes modalités sensorielles, telles que l’amertume ou l’astringence. Les études qu’elle mène portent sur des sujets de différents âges (adultes, enfants, nourrissons) et de différents statuts santé (sujets sains, patients souffrant de bouche sèche, de troubles de l’oralité ou de diabète).