Les DJ Guido Cesarsky et Hervé Carvalho, sous l’appellation Acid Arab, avaient lancé Collections, une série de maxi-vinyles où ils invitaient la fine fleur des producteurs techno à remixer toutes les musiques du Levant. Epaulés par les compositeurs Pierrot Casanova et Nicolas Borne, ils publient leur premier véritable album, et celui-ci sonne plus organique et abouti : enregistré avec plusieurs chanteurs et instrumentistes. Ces derniers se livrant depuis longtemps à une relecture moderne — électro ! — de la debka syrienne (l’organiste Rizan Saïd, accompagnateur d’Omar Souleyman), du folklore juif yéménite (les chanteuses de A-Wa) ou du chaâbi algérois (Kenzi Bourras, sur la plupart des claviers)…

D’une flûte arabe à un saz kurde, d’un synthétiseur reproduisant le son de la zokra (bombarde) à une boîte à rythmes TR-808, instrument phare de l’acid house et des raves, on voyage et on échange beaucoup dans ce disque. Mais, à l’image du final et tranquille Tamuzica, se terminant par une évanescente nappe de synthétiseur à la Chemical Brothers, on revient toujours au pays de la techno. Variation de tempos lents et rapides, de gammes de couleurs et de sensations, Musique de France se dévoile un peu plus à chaque écoute. Un vent d’Orient se lève sur les dancefloors.

Ils sont déjà venus à Copenhague en 2018 lors du festival Distortion, et nous avons très hâte de les revoir !

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