Le mardi 20 février à 20h, la Bibliothèque Royale accueillera l’un des plus grands spécialistes européens de l’islam en la personne d’Olivier Roy

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Olivler Roy viendra parler de son dernier ouvrage, Le djihad et la mort (Le Seuil, 2016), récemment publié en danois aux éditions Vandkunsten (Djihad og døden), et dans lequel il se démarque de la plupart des intellectuels européens qui, ici ou là, animent le débat sur le terrorisme international.
Persuadé que le djihad et son lot de conversions tels qu’on les observe en Europe ces dernières années sont la conséquence non pas d’une radicalisation de l’islam mais d’une islamisation des radicalismes (sic.), Olivier Roy démontre dans son livre que les auteurs des attentats (sur le sol européen) de ces vingt dernières années, de Khaled Kelkal en 1995 à l’attentat de Nice en 2016, sont grandement motivés par des convictions nihilistes et des pulsions morbides, et que la montée du salafisme – qui, par ailleurs, condamne le suicide – ne peut pas expliquer ces phénomènes à elle seule.

Le djihad et la mort
De Khaled Kelkal en 1995 à l’attentat de Nice en 2016, pratiquement tous les terroristes se font exploser eux-mêmes ou tuer par la police, sans vraiment chercher à fuir et sans que leur mort soit nécessaire à la réalisation de leur action. Mohammed Merah reprendra la phrase attribuée à Oussama ben Laden et systématiquement reprise avec des variantes : « Nous aimons la mort, vous aimez la vie. » La mort du terroriste n’est pas une possibilité ou une conséquence malheureuse de son action, elle est au cœur de son projet. L’on retrouve cette même fascination pour la mort chez le djihadiste qui rejoint Daech : l’attentat-suicide est la finalité par excellence de son engagement. Et si c’était cela, le vrai danger ? Non pas les dégâts infligés, mais l’effet de terreur. Car la force de Daech est de jouer sur nos peurs. Et cette peur, c’est la peur de l’islam. Le seul impact stratégique des attentats est leur effet psychologique : ils ne touchent pas la capacité militaire des Occidentaux ; ils ne touchent l’économie qu’à la marge ; ils ne mettent en danger les institutions que dans la mesure où nous les remettons nous-mêmes en cause, avec le sempiternel débat sur le conflit entre sécurité et État de droit. La peur, c’est celle de l’implosion de nos propres sociétés.

Olivier Roy est directeur de recherche au CNRS et enseigne à l’Institut universitaire européen de Florence. Il a notamment publié, L’Islam mondialisé (2002), La Sainte Ignorance. Le temps de la religion sans culture (2008) et En quête de l’Orient perdu (2014).

La venue d’Olivier Roy est organisée en partenariat avec les éditions Vandkunsten et la Bibliothèque Royale.

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Crédit photo: © rts