A l’occasion des cent ans de Jean-Pierre Melville, la Cinemateket rend hommage à cet unique maître français en présentant une série de ses films iconiques, dont « Le Cercle rouge » et  « Le Samouraï ».

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Caché sous son stetson et derrière ses Ray-Ban, Jean-Pierre Melville (1917-1973) se rêvait comme personnage de ses propres films. Celui qui s’est illustré dans le perfectionnement du polar à la française avec Le Deuxième souffle ou Le Cercle rouge, était obsédé par le cinéma hollywoodien, qu’il connaissait parfaitement. Pourtant, Jean-Pierre Melville n’a pas fait que des polars et a une filmographie plus variée qu’elle n’y parait.

Les inspirations de Melville furent très diverses. Il signa des adaptations de Vercors (Le Silence de la mer), Cocteau (Les Enfants terribles), ou de Simenon (L’Aîné des Ferchaux) mais aussi un film sur la résistance (L’Armée des ombres) ou encore un film mystique (Léon Morin, prêtre).

Il interpréta l’écrivain Parvulesco dans une scène anthologique d’A bout de souffle de Jean-Luc Godard, et fut un des pères spirituels de la Nouvelle vague. Par son amateurisme et sa vision d’auteur, Melville annonce, dès la fin des années 40, la Nouvelle vague.

Outre le rôle qu’a joué le réalisateur du Samouraï auprès de la Nouvelle vague, il convient de souligner l’influence des films de Melville, de Scorsese au cinéma de Hong Kong (Johnnie To, John Woo), de Fassbinder à Jarmusch sans oublier Quentin Tarantino. Melville est partout et nulle part.

 

« Melville restera un homme et un artiste façonné par son existence durant la guerre, un cinéaste humaniste tel que la guerre l’a construit, fidèle à un temps disparu, un combattant, un résistant en conflit avec les règles dominant la profession, qui n’aura cessé de fabriquer un alibi, un masque, une « persona », « une couverture » – le maestro au stetson – afin de pouvoir mener dans l’ombre, discrètement, modestement, une action clandestine, qui ne visait qu’à faire aboutir ce cinéma absolument personnel ».  Antoine de Baecque : Jean-Pierre Melville, une vie. Seuil, 2017